L'enrobé ne rattrape jamais une structure insuffisante
2 %
150 – 180 °C
5 ans
Un enrobé se juge sur une photo le jour de la réception, et sur son état cinq ans plus tard. Entre les deux, ce qui décide n’est pas la qualité du bitume mais celle de ce qu’il y a dessous. Une cour en enrobé qui se faïence, se creuse en ornières ou se fend en rive n’a presque jamais un problème d’enrobé : elle a un problème de couche de forme.
C’est la même vérité que pour une cour ou une allée, mais elle est ici plus coûteuse à apprendre : un empierrement déformé se recharge, un enrobé déformé se démolit. L’économie réalisée sur le décaissement et le compactage se paie intégralement, et davantage, à la première reprise.
La deuxième distinction à poser est celle de l’enrobé à chaud et de l’enrobé à froid. Ce ne sont pas deux gammes de prix, ce sont deux ouvrages différents. L’enrobé à chaud se met en œuvre à haute température, de l’ordre de cent cinquante à cent quatre-vingts degrés : il forme une couche homogène et durable, et c’est la solution des surfaces neuves et circulées. L’enrobé à froid, ensaché et manipulable sans matériel spécifique, sert aux réparations et aux reprises ponctuelles. Il est moins durable, et il ne devient pas durable parce qu’on en met une grande surface.
Le point technique
La séquence est toujours la même : décaissement à la profondeur imposée par la portance du sol et par le trafic attendu, purge des points mous, géotextile anticontaminant, couche de forme mise en œuvre par lits et compactée, contrôle de portance, puis seulement le revêtement. Une pente transversale d’au moins deux pour cent évacue l’eau ; sans elle, l’eau stationne, pénètre par les rives et le gel fait le reste.
Un enrobé ne casse presque jamais par le milieu. Il casse par les bords, là où rien ne le retient latéralement et où une roue finit toujours par mordre. Le traitement des rives — bordures, caniveaux, points d’écoulement — n’est donc pas une finition esthétique : c’est ce qui empêche la surface de s’effriter de l’extérieur vers l’intérieur.
Le zonage d’assainissement des eaux pluviales permet à une commune de limiter l’imperméabilisation des sols et d’imposer la maîtrise du débit et de l’écoulement. Face à une exigence de ce type, l’enrobé drainant existe, mais il n’est pas toujours la réponse la plus directe : le stabilisateur de gravier ou l’empierrement répondent souvent mieux, et coûtent moins cher à reprendre. Nous posons la question avant de chiffrer, plutôt que de vendre du noir par défaut.
C’est un conseil de terrain que peu d’entreprises formulent : en site patrimonial remarquable, l’architecte des Bâtiments de France contrôle aussi les aménagements de sols, et une surface en enrobé noir n’est pas toujours acceptée aux abords d’un monument ou dans un centre ancien. À Gourdon comme à Sarlat-la-Canéda, la question se pose réellement, et elle se pose avant le devis. Selon les cas, un enrobé teinté, un bicouche ou un revêtement minéral se substituent sans difficulté technique.
L’enrobé à chaud demande des conditions favorables de température et d’hygrométrie. On évite le gel et la pluie, non par confort mais parce que le matériau doit conserver sa température de mise en œuvre jusqu’au compactage. Un enrobé posé dans de mauvaises conditions ne se rattrape pas ensuite : c’est un point de planning, et nous le disons quand il faut décaler.
Nous réalisons des surfaces en enrobé à Sarlat-la-Canéda et Cénac-et-Saint-Julien, où les accès de gîtes et les cours de bâti ancien concentrent les demandes, comme à Gourdon et Salviac, sur des cours de ferme et des plateformes professionnelles. Dans tous les cas, nous regardons ce qu’il y a sous le noir existant avant de proposer d’en remettre.