Garder l’aspect du gravier sans l’ornière ni le gravier dans la pelouse — et rester entièrement perméable.
40 mm
15 %
4 à 16 mm
Le principe tient en un mot : le confinement.
Une nappe de cellules ouvertes, généralement hexagonales d’une cinquantaine de millimètres, est posée sur un fond de forme préparé puis remplie de gravier. Chaque grain se trouve retenu latéralement par la paroi de son alvéole : au lieu de fuir sous la charge, il reste à sa place. Le résultat est une surface qui a l’aspect du gravier sans en avoir les défauts — pas d’ornière, pas de gravier projeté dans la pelouse, pas de descente en pente.
Les dalles sont en polypropylène recyclé, avec une membrane géotextile thermosoudée en sous-face qui empêche le gravier de s’enfoncer dans le sol et limite la levée des herbes. Leur épaisseur se choisit selon l’usage : 30 mm pour un cheminement piéton, une terrasse ou une allée de jardin ; 40 mm pour un accès et un stationnement de véhicule léger ; 50 mm pour un parking intensif ou une aire de manœuvre.
Un avertissement sur les chiffres qui circulent. Les fabricants annoncent des résistances de plusieurs centaines de tonnes au mètre carré. Ce sont des résistances à l’écrasement de la dalle remplie, mesurées en laboratoire sur support rigide. Elles ne décrivent en rien la portance de l’ouvrage fini. Nous ne les reprenons pas, parce qu’elles créent une attente fausse : la capacité réelle est toujours donnée par le fond de forme. Une dalle posée sur dix centimètres de grave ne portera jamais une camionnette, quelle que soit sa fiche technique.
Le point technique
Le vrai chantier est en dessous.
Nous décaissons à la profondeur utile, nous posons un géotextile anticontaminant — distinct de la fine membrane intégrée à la dalle, qui n’a aucune fonction structurelle — puis une couche de fondation en grave concassée compactée : 10 à 15 cm pour un cheminement piéton, 20 à 25 cm pour un accès ou un stationnement de véhicule léger, davantage sur sol médiocre. Vient enfin une couche de réglage de 3 à 5 cm, légèrement compactée, dont la planéité conditionne tout le rendu : une dalle posée sur un support ondulé se voit, et elle travaille.
Les dalles se posent bord à bord, emboîtées, joints décalés en quinconce. Aucune fixation mécanique n’est nécessaire jusqu’à 15 % de pente : elles sont tenues par leur emboîtement et par le poids du gravier. Au-delà, il faut un ancrage par piquets et une butée en pied.
Le gravier de remplissage n’est pas indifférent. Granulométrie de 4 à 16 mm, et surtout du concassé, jamais du roulé : les arêtes vives s’imbriquent et bloquent le remplissage, là où un gravier roulé continue de rouler même dans une alvéole. C’est le paramètre qui compte le plus, davantage que le calibre exact. Comptez de l’ordre de 60 kg par m² pour une dalle de 30 mm et 75 à 80 kg pour une dalle de 40 mm, recouvrement compris — un à deux centimètres de gravier au-dessus des dalles suffisent à les masquer complètement.
Un dernier point, souvent oublié : il faut une butée en rive. Sans bordure ni longrine périphérique, l’ouvrage se déchausse par les bords.
Cette solution répond bien aux exigences de perméabilité qui se généralisent dans les permis à Sarlat-la-Canéda et Cénac-et-Saint-Julien, et elle règle le problème très concret des accès en dévers de Gourdon et Salviac, où le gravier libre finit invariablement en bas de la pente.
30 mm pour un cheminement piéton, une terrasse ou une allée de jardin ; 40 mm pour un accès et un stationnement de véhicule léger ; 50 mm pour un parking intensif ou une aire de manœuvre. Mais c’est la question secondaire. La question déterminante est l’épaisseur de fondation sous la dalle : 10 à 15 cm en piéton, 20 à 25 cm sous véhicule, davantage sur sol médiocre. Une dalle de 40 mm posée sur dix centimètres de grave ne tiendra pas sous une voiture ; une dalle de 30 mm sur une fondation correcte tiendra bien mieux.
Peu de choses pour votre projet, et nous préférons le dire. Les valeurs de plusieurs centaines de tonnes au mètre carré que l’on voit affichées sont des résistances à l’écrasement de la dalle remplie, mesurées en laboratoire sur un support rigide et parfaitement plan. Elles disent que la dalle ne se brisera pas ; elles ne disent rien de la portance de l’ouvrage une fois posé sur votre terrain. La capacité réelle est donnée par le fond de forme, c’est-à-dire par l’épaisseur et le compactage de la grave dessous. C’est là que nous mettons le soin, et c’est là qu’il faut comparer deux devis.
Du concassé, en granulométrie 4 à 16 mm. Le calibre compte — trop fin, il migre et colmate ; trop gros, il n’entre pas dans l’alvéole et déchausse — mais c’est la nature du grain qui décide vraiment. Un gravier roulé, même au bon calibre, continue de rouler sous le pas et sous la roue, y compris confiné dans une alvéole : ses grains n’ont aucune prise les uns sur les autres. Le concassé, avec ses arêtes vives, s’imbrique et bloque. C’est l’erreur la plus fréquente en pose amateur, et elle ruine l’intérêt du dispositif.
Oui, et c’est même le principal motif de pose chez nous. Jusqu’à 15 % de pente, aucun ancrage mécanique n’est nécessaire : les dalles sont tenues par leur emboîtement mutuel et par le poids du gravier qu’elles contiennent. Au-delà, il faut un ancrage par piquets et une butée en pied de pente. C’est exactement le problème que rencontre tout propriétaire d’une allée en gravier libre sur un accès en dévers : le gravier descend, se rassemble en bas, et il faut le remonter à la pelle chaque année. L’alvéole supprime ce travail.
Entièrement. L’eau de pluie traverse le gravier, la membrane en sous-face et la fondation, puis s’infiltre dans le sol : il n’y a ni ruissellement de surface, ni flaque. C’est l’argument principal de cette solution, davantage que l’esthétique. Une surface traitée ainsi ne compte pas comme surface imperméabilisée, ce qui répond directement aux prescriptions de gestion des eaux pluviales à la parcelle que les PLU et les permis de construire imposent de plus en plus. Elle supprime du même coup le besoin de caniveaux, de grilles et de raccordement au réseau pluvial — et l’entretien qui va avec.
C’est la limite honnête de la solution. Le passage d’une lame arrache le gravier de recouvrement, qui se retrouve dans le tas de neige puis dans la pelouse. Sur un accès régulièrement déneigé, deux précautions s’imposent : limiter le recouvrement à un centimètre plutôt que deux, et utiliser une lame équipée de patins qui ne racle pas la surface. Si le déneigement mécanique est fréquent, un enrobé ou un béton drainant sera plus adapté. Sous notre climat, la question se pose rarement, mais elle se pose sur les points hauts.
Beaucoup moins qu’avec un gravier libre, sans que ce soit nul. La membrane géotextile solidaire de la dalle bloque la levée depuis le sol, ce qui élimine l’essentiel du problème. Restent les graines qui arrivent par le vent et germent dans le gravier de recouvrement lui-même : elles s’enlèvent facilement, les racines n’ayant aucune prise. Un balayage occasionnel suffit à tenir la surface. Comparativement, une allée de gravier libre sur simple géotextile de sol demande un désherbage nettement plus soutenu.