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Tranchées de réseaux

Eau, électricité, télécom, gaz, assainissement : ouvrir, poser, enrober et refermer une tranchée qui ne s’affaissera pas.

Une tranchée de réseau, c’est dix minutes de pelle et le reste du travail par-dessus. Lit de pose, enrobage, remblai par couches, grillage avertisseur, réfection : chaque étape a sa règle, et c’est leur respect qui fait qu’on ne revoit plus la trace de la tranchée dix ans après.

0,60 m

Largeur minimale d’une tranchée de réseau, quel que soit le diamètre posé

20 cm

Distance minimale entre deux réseaux enterrés, en horizontal comme en vertical

98,5 %

Compactage moyen exigé en partie supérieure de remblai sous chaussée

Une tranchée est un ouvrage en couches, et chaque couche porte un nom.

Du bas vers le haut : le lit de pose, matelas sur lequel repose la canalisation ; l’assise et le remblai latéral, qui la calent de part et d’autre ; le remblai initial, qui la recouvre. Ces trois derniers forment ensemble la zone d’enrobage — tout ce qui entoure et protège directement le tuyau. Vient au-dessus la partie inférieure de remblai, puis la partie supérieure de remblai, et enfin la réfection de surface ou de chaussée.

Cette décomposition n’est pas du vocabulaire : elle commande la façon de travailler, parce que chaque zone a son propre objectif de compactage. Autour de la canalisation, on ne compacte pas énergiquement — on cale le matériau, par un serrage obtenu en deux passes d’un engin léger : écraser un tuyau vaut mieux que l’écraser. Plus haut, en revanche, l’exigence monte : 95 % de l’optimum Proctor normal en moyenne et 92 % en fond de couche pour la partie inférieure, 98,5 % et 96 % pour la partie supérieure sous chaussée. C’est cette dernière valeur qui décide si la trace de la tranchée réapparaîtra ou non dans la chaussée.

La largeur, elle aussi, se calcule. La règle est le diamètre extérieur de la canalisation augmenté de 30 cm de chaque côté, avec un minimum de 0,60 m. Ce n’est pas du confort : c’est ce qui permet d’enrober correctement le tuyau sur tout son pourtour et de travailler en sécurité. Une tranchée trop étroite se remblaie mal, et un enrobage incomplet laisse le tuyau reposer sur des points durs.

Étapes clés

Déclaration de projet de travaux et déclaration d’intention de commencement de travaux sont déposées, et nous attendons les récépissés. Les exploitants disposent de neuf jours calendaires pour répondre à une déclaration dématérialisée. On n’ouvre pas avant.
Les réseaux existants sont marqués au sol à leur code couleur. Lorsque la classe de précision annoncée est insuffisante sur un réseau sensible, nous réalisons des sondages et des fouilles manuelles de reconnaissance avant tout travail mécanique.
La tranchée est ouverte à la largeur calculée — diamètre extérieur plus 30 cm de chaque côté, minimum 0,60 m — et à la profondeur qui donnera la couverture requise, avec une pente régulière lorsque le réseau est gravitaire.
Au-delà de 1,30 m de profondeur avec une largeur inférieure aux deux tiers de la profondeur, la tranchée est blindée, étrésillonnée ou talutée avant que quiconque y descende. Les déblais restent à plus de 40 cm du bord.
Lit de pose réglé — 10 cm sur sol normal, 15 cm sur sol dur ou rocheux — puis pose, calage, assise et remblai latéral. Autour du tuyau, on cale plutôt qu’on ne compacte : le serrage s’obtient en deux passes d’un engin léger, à distance de la génératrice.
Le remblai initial recouvre la canalisation, puis le grillage avertisseur est posé environ 30 cm au-dessus de l’ouvrage, dans son axe, à la couleur du réseau. C’est ce qui préviendra la prochaine pelle avant qu’elle n’atteigne le tuyau.
Le remblai est monté par couches d’épaisseur adaptée à l’engin de compactage, chacune compactée séparément. L’objectif est de 95 % de l’optimum Proctor normal en moyenne pour la partie inférieure, et de 98,5 % pour la partie supérieure sous chaussée.
Le compactage se contrôle au pénétromètre, qui donne à la fois les épaisseurs de couches et le niveau de densification atteint. La surface est ensuite rétablie — enherbement, empierrement ou réfection de chaussée selon le cas.

Le point technique

Une tranchée qui s’affaisse trois hivers plus tard n’a pas été mal creusée. Elle a été mal refermée.

Ce qui se passe avant l’ouverture compte autant que le reste.

Aucune tranchée ne s’ouvre sans déclarations préalables. La déclaration de projet de travaux incombe au maître d’ouvrage, la déclaration d’intention de commencement de travaux à l’entreprise ; les exploitants disposent de neuf jours calendaires pour répondre à une déclaration dématérialisée. Leurs réponses indiquent une classe de précision : classe A quand l’incertitude sur la position du réseau ne dépasse pas 40 cm, classe B jusqu’à 1,50 m, classe C au-delà ou lorsque les données n’existent pas. Sur un réseau sensible annoncé en classe C, on ne creuse pas au godet : on sonde, et on approche à la main.

La cohabitation des réseaux obéit à des règles simples et strictes. Au minimum 20 cm entre deux réseaux enterrés, en horizontal comme en vertical ; 30 cm par rapport aux constructions ; 40 à 50 cm entre l’eau potable et un réseau sec. On sépare les réseaux humides des réseaux secs, et l’assainissement se pose toujours sous l’eau potable, jamais au-dessus : en cas de fuite, la contamination doit être impossible. Chaque réseau reçoit son grillage avertisseur à sa couleur, posé à environ 30 cm au-dessus de l’ouvrage.

Nous ouvrons des tranchées de réseaux pour des particuliers, des constructeurs et des collectivités sur Gourdon, Salviac, Sarlat-la-Canéda et Cénac-et-Saint-Julien. Lorsque la tranchée sort sur le domaine public, nous nous chargeons de la demande d’autorisation de voirie.

Questions fréquentes

La règle est le diamètre extérieur de la canalisation augmenté de 30 cm de chaque côté, avec un minimum absolu de 0,60 m. Concrètement : 0,60 m pour un branchement en 100 mm, 0,80 m pour un 200, 0,92 m pour un 315, 1,00 m pour un 400. Ces 30 cm latéraux ne sont pas du confort : ils permettent de mettre en place l’enrobage sur tout le pourtour du tuyau et de travailler en sécurité. Une tranchée trop étroite ne se remblaie pas correctement, et le tuyau finit par reposer sur des points durs.

Pas avec ce qu’on a sous la main. Deux règles de granulométrie encadrent le matériau : sa taille maximale doit rester inférieure au dixième de la largeur de tranchée et au cinquième de l’épaisseur de couche compactée. En zone d’enrobage, on descend plus bas encore : 22 mm au maximum pour une canalisation jusqu’à 200 mm de diamètre, 40 mm entre 200 et 600, 60 mm au-delà. La raison est simple : un caillou de 60 mm contre un tuyau de 100 est un point dur qui finira par le percer. Le remblai improvisé — grosses caillasses au fond, un peu de terre, un peu de sable — qu’on voit parfois chez les particuliers ne respecte ni granulométrie ni compactage : c’est ce qui produit les affaissements en creux au bout de deux hivers.

Parce que le compactage n’a pas atteint son objectif. Un remblai insuffisamment serré continue de se tasser sous son propre poids et sous les charges, pendant des années : la trace de la tranchée réapparaît en creux, puis se fissure si elle est sous un revêtement. Les deux causes habituelles sont des couches trop épaisses — on compacte le haut, pas le bas — et un matériau trop humide, qui ne peut pas se densifier quel que soit le nombre de passes. C’est un défaut qui ne se voit pas à la réception et qui apparaît au deuxième hiver.

Cela dépend de l’engin et de l’épaisseur de la couche, et les deux vont ensemble. Une plaque vibrante légère traite 25 cm en trois passes ; une plaque plus lourde, 35 cm en deux passes ; une pilonneuse, 30 à 80 cm selon sa classe, en deux passes ; un rouleau vibrant léger, 35 cm en deux passes. Autrement dit, ce n’est pas « plus de passes » qui rattrape une couche trop épaisse : l’énergie ne descend pas plus bas. Une précaution s’impose au voisinage des conduites : les gros rouleaux vibrants y sont exclus, en raison du risque de dommage.

Sous chaussée, la hauteur de couverture au-dessus du point le plus haut du tuyau est d’au moins 0,80 m. Hors chaussée, elle peut être plus faible, mais elle reste commandée par deux critères : la protection mécanique et le hors-gel. En pratique, dans nos départements, une conduite d’eau potable se pose avec 0,80 m de couverture en terrain naturel et 1,00 m sous voirie ; l’assainissement gravitaire descend souvent plus bas, non par exigence de couverture mais parce que la pente l’impose. Sur un réseau gravitaire, c’est le fil d’eau qui commande, pas la profondeur de confort.

Au minimum 20 cm entre deux réseaux enterrés, mesurés entre génératrices voisines et non entre axes, aussi bien en parallèle qu’en croisement. Il faut 30 cm par rapport à une construction, et 40 à 50 cm entre l’eau potable et un réseau sec selon sa nature. Trois règles d’ordonnancement s’y ajoutent : on sépare les réseaux secs des réseaux humides ; l’assainissement se pose sous l’eau potable, jamais au-dessus, pour rendre toute contamination impossible en cas de fuite ; et les prescriptions du récépissé de l’exploitant l’emportent toujours sur ces valeurs génériques.

À prévenir la pelle avant qu’elle n’atteigne le tuyau. Il se pose à environ 30 cm au-dessus de l’ouvrage, dans son axe, et il est conçu pour s’allonger avant de se rompre, de façon à rester visible quand un godet l’accroche. Les couleurs sont normalisées : bleu pour l’eau potable, marron pour les eaux usées et pluviales, rouge pour l’électricité, jaune pour le gaz et les hydrocarbures, vert pour les télécommunications, violet pour le chauffage et la climatisation, orange pour les produits chimiques, rose pour une zone multi-réseaux. Un réseau enterré sans grillage est un réseau qui sera coupé un jour.

Par essai pénétrométrique : on enfonce une pointe instrumentée dans le remblai et on mesure la résistance rencontrée sur toute la hauteur. Le résultat remplit trois fonctions : il donne les épaisseurs de couches réellement mises en œuvre, il dit si l’objectif de densification est atteint, et il permet la comparaison avec une planche de référence. Les anomalies sont classées par gravité, et toutes n’ont pas le même statut : une anomalie tolérable en zone de remblai ne l’est pas en zone d’enrobage, là où la canalisation est en jeu. C’est un contrôle rapide, non destructif, que peu d’entreprises proposent sur un chantier de particulier.

Une tranchée de réseau à ouvrir ? Nous déposons les déclarations et nous annonçons l’objectif de compactage.

Réalisations