Diagnostiquer avant de creuser : inspection caméra, arbitrage entre réparation sans tranchée et reprise en tranchée ouverte.
50 cm à 3 m
4 techniques
7 causes
Le diagnostic passe avant tout le reste, et il ne se devine pas.
Une canalisation qui se bouche tous les six mois n’a pas forcément le même défaut qu’une canalisation qui refoule après chaque orage. Contre-pente, emboîtement désaligné, fissure, écrasement, racines, dépôt calcaire, effondrement partiel : ce sont des causes différentes, avec des réponses différentes et des coûts qui vont de un à dix. La seule façon de trancher est l’inspection télévisuelle, après hydrocurage : une caméra parcourt la conduite, localise le défaut au mètre près et le qualifie.
Cette étape a une valeur qui dépasse la réparation : c’est le même contrôle, visuel ou télévisuel, qui est prévu à la réception d’un réseau neuf. Autrement dit, la caméra ne sert pas seulement à constater un dégât, elle sert à vérifier un ouvrage.
Le diagnostic posé, une alternative s’ouvre, et c’est là que se joue le budget. Soit on rouvre la tranchée et on remplace le tronçon : c’est simple, définitif, mais cela signifie détruire puis reconstruire tout ce qui se trouve au-dessus — allée, cour, terrasse, plantations. Soit on intervient depuis l’intérieur de la conduite, sans rouvrir, par l’une des techniques dites sans tranchée. Le choix ne se fait pas par principe : il dépend de la nature du défaut, de sa longueur, de l’état général de la conduite, de sa profondeur et de ce qu’il y a au-dessus.
Le point technique
Les techniques sans tranchée, et ce qu’elles savent faire.
Ce que nous faisons, et ce que nous ne faisons pas. Notre métier est le terrassement : le diagnostic, l’arbitrage, la reprise en tranchée ouverte, la création des accès et des fosses d’extrémité, la remise en état. Pour les techniques sans tranchée proprement dites, nous travaillons avec des spécialistes équipés. Nous préférons vous le dire : une entreprise qui prétend tout faire elle-même sur ce sujet vous vendra la technique qu’elle possède, pas celle dont vous avez besoin.
Nous diagnostiquons et reprenons des canalisations à Sarlat-la-Canéda et Cénac-et-Saint-Julien, où quantité de réseaux anciens passent sous des cours pavées et des abords qu’on ne rouvre pas de gaîté de cœur — comme à Gourdon et Salviac, où les longs branchements des maisons isolées multiplient les emboîtements, donc les points de rupture et d’entrée de racines.
Pas toujours, et c’est une bonne nouvelle quand la conduite passe sous une cour, une terrasse ou des arbres. Les techniques sans tranchée permettent d’intervenir depuis l’intérieur de la conduite, en n’ouvrant qu’aux extrémités ou depuis les regards existants. Elles réduisent sensiblement le coût global par rapport à un remplacement en tranchée ouverte, et surtout elles divisent les délais et suppriment la reconstruction de ce qui était au-dessus. Cela dit, elles ne conviennent pas à tout : une conduite effondrée ou déformée sur plusieurs mètres se remplace.
Par hydrocurage puis inspection télévisuelle. La caméra descend dans la conduite, filme la paroi et localise chaque anomalie au mètre près. Sans ce document, on répare à l’aveugle : c’est ainsi qu’on ouvre une tranchée de dix mètres pour découvrir que le défaut est trois mètres plus loin. L’inspection a un autre mérite : elle vous permet de comparer plusieurs devis sur la même base factuelle, au lieu de comparer des hypothèses.
Le chemisage continu, qui reconstitue un tube à l’intérieur du tube sur plusieurs centaines de mètres en une opération. La manchette, même principe sur 50 cm à 3 m au droit d’un défaut ponctuel. Le tubage, où un tube neuf est tiré dans l’ancien, l’espace annulaire étant comblé. L’éclatement, qui fragmente l’ancienne conduite en tirant la neuve : c’est la seule technique qui permet d’augmenter le diamètre. L’injection de résine pour les infiltrations localisées. Et les robots, pour fraiser des racines ou réouvrir un branchement. Chacune a son domaine : le choix se fait sur le rapport d’inspection, pas sur le catalogue de l’entreprise.
Dans quatre situations. Quand la conduite est effondrée ou déformée sur une longueur importante : il n’y a plus de support pour recevoir un chemisage. Quand le défaut est une contre-pente : aucune technique intérieure ne redresse une pente, seule la repose le fait. Quand la conduite est trop peu profonde et sous une surface sans valeur — une pelouse se refait, une allée centenaire non. Et quand le réseau doit de toute façon être repris pour d’autres raisons : mise aux normes, changement de diamètre, reprise de tracé. Dans ces cas, la tranchée est plus sûre et souvent moins chère.
Cela dépend de la technique. Le tubage réduit la section, puisqu’on introduit un tube dans un tube ; le gainage spiralé aussi. La projection de mortier retire 10 à 30 mm de diamètre intérieur. Le chemisage continu, lui, restaure l’étanchéité et la résistance mécanique en épousant la paroi, avec une perte de section marginale. Un point souvent oublié : la paroi neuve est plus lisse que l’ancienne, ce qui compense partiellement la réduction de diamètre. Sur un branchement domestique correctement dimensionné au départ, la question ne se pose généralement pas.
Un chemisage continu correctement mis en œuvre a une durée de vie estimée à cinquante ans au minimum. C’est un ordre comparable à celui d’une conduite neuve, ce qui explique que la technique ne soit pas un pis-aller mais une vraie solution. Deux conditions le déterminent : la préparation de la conduite avant intervention, et la qualité de la polymérisation. C’est aussi pour cela que le contrôle télévisuel après travaux compte : il constate ce qui a réellement été fait.
Le fraisage robotisé retire les racines de l’intérieur et rétablit la section. Mais il traite la conséquence, pas la cause : les racines entrent par un défaut d’étanchéité — un joint ouvert, une fissure — et elles reviendront par le même chemin. Le fraisage n’a donc de sens que suivi d’une reprise d’étanchéité au droit du défaut, par manchette ou par chemisage. C’est aussi l’occasion de revoir l’implantation des plantations : les arbres à fort développement racinaire — saules, peupliers, acacias, bambous — se tiennent à distance d’un réseau, et une barrière anti-racines se pose bien plus facilement en prévention qu’en réparation.