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Fouilles et tranchées de fondation

Ouvrir, soutenir, reconnaître le bon sol : la fouille qui recevra vos fondations.

Semelles filantes, plots, longrines, sous-sol : la fouille de fondation est l’ouvrage le plus discret d’un chantier et le plus sensible. Nous l’ouvrons à la géométrie du plan, nous la soutenons quand la profondeur l’impose, et nous ne la livrons qu’après avoir reconnu le sol du fond — celui sur lequel votre maçon va couler.

1,30 m

Profondeur au-delà de laquelle une fouille en tranchée doit être blindée

40 cm

Distance minimale entre le bord de fouille, les déblais et les engins

R4534-24

Article du code du travail encadrant le blindage et l’étaiement des fouilles

Trois formes de fouille, trois gestes différents.

La fouille en excavation est une fouille en pleine masse : on dégage un volume entier, pour un sous-sol ou un vide sanitaire. La fouille en tranchée est linéaire et reçoit les semelles filantes qui suivent les murs porteurs. La fouille en puits est ponctuelle et reçoit les plots isolés d’une charpente ou d’une structure poteaux-poutres. Une même maison en comporte souvent deux types.

Au-delà d’une certaine profondeur, une fouille ne se laisse pas ouvrir à parois verticales. La règle est écrite à l’article R4534-24 du code du travail : une fouille en tranchée de plus de 1,30 m de profondeur dont la largeur est inférieure ou égale aux deux tiers de la profondeur doit être blindée, étrésillonnée ou étayée dès lors qu’un travailleur y descend. L’alternative est le talutage : ouvrir en pente plutôt que soutenir, à une inclinaison compatible avec la nature des terres. Le choix entre les deux dépend de la place disponible, de la nature du sol, de la profondeur et de la présence de réseaux ou de constructions voisines.

Une précaution s’applique dans tous les cas, même sous le seuil : les déblais, les matériaux et les engins restent à plus de 40 cm du bord. Une berme chargée est une berme qui pousse sur la paroi.

Étapes clés

Le tracé des semelles, des puits et de l’emprise générale est reporté au sol à partir du plan de fondation, avec les surlargeurs de travail nécessaires à la mise en œuvre du béton et au coffrage.
Aucune ouverture avant les déclarations et les réponses des exploitants. Les réseaux existants sont repérés et marqués au sol à leur code couleur, et l’approche des réseaux sensibles se fait à la main plutôt qu’au godet.
Nature des terres, profondeur retenue, place disponible, proximité de constructions ou de réseaux, météo annoncée : ces éléments décident entre talutage et blindage. Le choix se fait avant d’ouvrir, pas une fois la fouille faite.
La fouille est ouverte par passes successives. Lorsque le blindage s’impose, il est posé au fur et à mesure de l’avancement, jamais après coup : une paroi laissée nue le temps d’aller chercher le matériel est une paroi qui travaille.
Les déblais et les matériels sont déposés à plus de 40 cm du bord pour ne pas surcharger la paroi. Les accès et sorties de fouille sont mis en place, et la circulation des engins est organisée à distance des bords.
Nous examinons le sol d’assise sur toute l’emprise et nous vérifions qu’il correspond à ce que prévoyait l’étude. Hétérogénéité, poche d’argile, remblai ancien, vide karstique : nous vous alertons avant de continuer, pas après le coulage.
Fossés de dérivation en amont, évacuation des eaux de ruissellement, pompage si nécessaire. Une fouille noyée perd la portance de son fond, et une paroi gorgée d’eau devient instable même en deçà des seuils réglementaires.
La fouille est réceptionnée avec vous et avec le maçon : géométrie, cotes de fond, propreté du fond et état du sol d’assise. C’est le dernier moment où l’on peut voir sur quoi la maison va reposer.

Le point technique

Un mètre cube de terre éboulée exerce près de deux tonnes. C’est pour cela qu’une fouille se soutient avant qu’on y descende.

Le fond de fouille est le seul endroit où l’on voit vraiment le terrain.

C’est là que se vérifie ce que l’étude de sol annonçait. En Périgord Noir et en Bouriane, la surprise n’est pas rare : un calcaire dur qui remonte d’un côté de la maison et pas de l’autre, une poche d’argile de décalcification, un ancien remblai, parfois un vide karstique — cloup ou igue — sous une épaisseur de terre qui ne laissait rien deviner. Fonder pour moitié sur du rocher et pour moitié sur de l’argile est la recette du tassement différentiel et de la fissure en diagonale.

Nous reconnaissons donc le fond avant que le béton de propreté ne le recouvre, et nous vous alertons quand ce que nous trouvons ne correspond pas au projet. C’est aussi à ce moment que se vérifie la profondeur d’ancrage : sur nos communes classées en aléa moyen à fort de retrait-gonflement des argiles, elle est commandée par l’argile, pas par le hors-gel.

L’eau, enfin. Une fouille qui se remplit n’est pas seulement inconfortable : l’eau déstructure le fond, ramène les parois et fait perdre au sol d’assise une partie de sa portance. Fossés de dérivation en amont, pompage si nécessaire, et surtout un ordonnancement qui évite de laisser une fouille ouverte sous la pluie plus longtemps que nécessaire.

Nous ouvrons des fouilles de fondation à Gourdon et Salviac, classées en aléa fort de retrait-gonflement des argiles, où la profondeur d’ancrage est commandée par l’argile et non par le hors-gel — comme à Sarlat-la-Canéda et Cénac-et-Saint-Julien, où les terrasses alluviales et les cavités de versant réservent des fonds de fouille très inégaux sur une même emprise.

Questions fréquentes

La fouille en excavation est une fouille en pleine masse : on dégage un volume entier, typiquement pour un sous-sol ou un vide sanitaire. La fouille en tranchée est linéaire et reçoit les semelles filantes, qui suivent les murs porteurs. La fouille en puits est ponctuelle et reçoit un plot isolé, sous un poteau de charpente ou de terrasse. Une même construction en comporte souvent plusieurs types, avec des profondeurs différentes selon les charges reprises.

L’article R4534-24 du code du travail fixe le seuil : au-delà de 1,30 m de profondeur, lorsque la largeur est inférieure ou égale aux deux tiers de la profondeur et que les parois sont verticales ou sensiblement verticales, la fouille doit être blindée, étrésillonnée ou étayée avant que quiconque y descende. L’alternative admise est le talutage. Un point mérite d’être dit : ce seuil n’est pas une autorisation d’imprudence en deçà. Sur un sol instable, détrempé ou remanié, des mesures restent nécessaires plus haut. Les trois quarts des accidents en tranchée impliquent directement un éboulement de paroi.

Parce qu’un tas de terre au bord d’une fouille est une surcharge, et qu’une surcharge pousse sur la paroi exactement là où elle est la plus fragile. La règle est de laisser une bande libre d’au moins 40 cm le long des bords, sans dépôt, sans matériel et sans circulation d’engin. Cela oblige souvent à organiser différemment le chantier, voire à évacuer au fur et à mesure plutôt que de stocker sur place. C’est un choix d’organisation, pas un détail.

Le talutage consiste à ouvrir la fouille en pente au lieu de la soutenir : c’est simple, sûr et économique, mais cela consomme beaucoup de place et augmente le volume de déblai. Il suppose donc du terrain disponible autour de la fouille, ce qui manque souvent en centre-bourg ou près d’une limite de propriété. Le blindage tient la paroi verticalement : il coûte plus cher en matériel et en temps, mais il permet de travailler à l’emprise stricte. La nature des terres tranche aussi : un sable sec ne se talute pas comme une argile compacte.

Les blindages rapides à cadres verticaux et vérins hydrauliques, posés et déposés depuis la surface ; les caissons, en aluminium léger, à étaiement latéral ou central ; les blindages coulissants à glissières, qui avancent avec la fouille ; les guide-palfeuilles et les palplanches métalliques pour les cas lourds ; et le boisage traditionnel. Le choix se fait sur la nature du terrain, la profondeur, l’environnement, la capacité des engins de pose et les croisements de réseaux. Ce n’est pas un matériel universel : un blindage inadapté donne une fausse sécurité.

Par l’observation directe et la comparaison avec l’étude de sol. On regarde l’homogénéité sur toute l’emprise, la nature du matériau, sa tenue sous le godet et sous le pied, la présence d’eau, et l’absence de zone qui « sonne creux ». Ce qui inquiète n’est pas un mauvais sol — on sait le traiter — mais un sol qui change en cours d’emprise : fonder une moitié de maison sur du rocher et l’autre sur de l’argile plastique produit un tassement différentiel, donc une fissure. Quand nous voyons cela, nous vous le disons avant le coulage.

L’eau ne se traite pas seulement en la sortant. Elle déstructure le fond de fouille, ramène les parois et fait perdre au sol d’assise une partie de sa portance : une fouille restée trois jours sous la pluie n’a plus le même fond qu’au premier jour. Nous détournons d’abord ce qui arrive de l’amont par des fossés de dérivation, nous pompons ce qui reste, et surtout nous organisons le chantier pour que la fouille ne reste pas ouverte plus longtemps que nécessaire avant le béton de propreté. Sur une venue d’eau permanente, c’est un sujet de conception, pas de pompe : il faut en parler avec le maître d’œuvre.

Des fondations à ouvrir, un sous-sol à creuser ? Nous reconnaissons le fond avant que le béton ne le cache.

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