La question n'est pas de savoir couper, mais si l'on a le droit
15 mars
4 mois
500 m
Sur un chantier d’abattage, la partie technique est rarement ce qui bloque. Ce qui bloque, c’est la question préalable : a-t-on le droit de couper cet arbre-là, à cet endroit-là ?
La réponse dépend entièrement de la situation de la parcelle. Un arbre situé en espace boisé classé au plan local d’urbanisme ne peut être coupé ou abattu sans autorisation, avec un délai d’instruction pouvant atteindre quatre mois et, le cas échéant, une prescription de replantation. Dans les abords d’un monument historique — un périmètre qui s’étend classiquement à cinq cents mètres — l’avis conforme de l’architecte des Bâtiments de France est requis. En site patrimonial remarquable, son accord préalable l’est également. Un site classé relève d’une autorisation ministérielle, un site inscrit d’une déclaration préalable. Enfin, le plan local d’urbanisme peut protéger nommément certains arbres, indépendamment de tout classement.
Autour de Sarlat-la-Canéda et de Gourdon, ces situations sont fréquentes, et elles ne se lisent pas depuis le terrain. Nous ne décidons jamais à la place de la mairie ni de l’architecte des Bâtiments de France : nous vérifions, nous vous disons ce que nous trouvons, et nous vous accompagnons dans la démarche si elle s’impose.
Le point technique
La confusion est courante et elle a des conséquences. Abattre un arbre, même plusieurs, ne fait pas disparaître l’état boisé d’une parcelle. Le défrichement, lui, consiste à supprimer cet état boisé pour donner au terrain une autre destination : il relève d’une autorisation distincte et d’une procédure entièrement différente. C’est aussi pour cela que le débroussaillement réglementaire ne demande aucune autorisation : il réduit la densité sans supprimer le bois.
Les arrêtés de débroussaillement demandent au contraire de conserver certains sujets : les arbres à cavité apparente et les arbres taillés en têtard. Un vieux chêne creux paraît condamné à l’œil ; il abrite une faune que rien ne remplace, et rien n’oblige à l’abattre s’il ne menace personne. Quand un arbre nous semble pouvoir être conservé moyennant un élagage, nous le disons, même si cela réduit le devis.
Deux techniques, et le choix ne dépend pas de l’arbre mais de ce qui l’entoure. L’abattage direct suppose une zone de chute libre, dégagée et suffisamment grande, avec un sujet dont l’inclinaison et l’équilibre le permettent. Dès qu’une construction, une ligne, une clôture ou une plantation se trouve dans la trajectoire, on démonte par sections : l’arbre descend morceau par morceau, sous contrôle. C’est plus long, c’est plus coûteux, et c’est la seule façon de ne pas parier.
Le sort de la souche se décide en fonction du projet, pas de l’esthétique. Le rognage suffit si la zone reste en espace vert ; le dessouchage complet s’impose dès qu’un ouvrage reposera à cet endroit. Quant au bois abattu, il appartient au propriétaire du terrain : il reste sur place si vous le souhaitez, il est broyé ou évacué sinon.
La période favorable court d’octobre à février : l’arbre est au repos et les oiseaux ne nichent pas, la période sensible allant du 15 mars au 31 juillet.
Un dernier conseil qui ne nous rapporte rien : le conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement du Lot propose des conseils gratuits d’architectes, d’urbanistes et de paysagistes, avec une permanence à Gourdon. Avant un abattage qui vous fait hésiter, ou dans un secteur où vous ne savez pas ce qui s’applique, c’est un interlocuteur utile et neutre.
Nous abattons à Sarlat-la-Canéda et Cénac-et-Saint-Julien, où les abords de monuments et la densité du bâti ancien multiplient les démontages par sections faute de zone de chute, comme à Gourdon et Salviac, où c’est plus souvent le classement en espace boisé qui décide du calendrier.