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Univers Assainissement

Tranchée drainante et chasse à auget

Répartir l’effluent sur toute la surface du massif, puis évacuer l’eau traitée où le droit l’autorise.

Deux ouvrages discrets qui décident de la durée de vie d’une installation : la chasse à auget, qui envoie l’eau par bâchées au lieu d’un filet continu, et la tranchée drainante, qui disperse l’eau traitée dans le sol. Aucun des deux ne consomme d’électricité. Tous deux se dimensionnent.

80 à 90 litres

Volume d’une bâchée de chasse à auget pour un logement de cinq pièces principales

10 à 500 mm/h

Plage de perméabilité du sol rendant l’infiltration prioritaire

10 mm/h

Seuil sous lequel le rejet vers un fossé ou un cours d’eau est admis

Pourquoi une chasse à auget change tout.

Un effluent qui sort d’une fosse s’écoule au goutte à goutte. Envoyé tel quel dans un réseau de drains, il n’irrigue que les premiers mètres : ceux-là saturent et colmatent pendant que le reste du massif ne travaille jamais. On se retrouve avec un ouvrage dimensionné pour trente mètres carrés qui en utilise cinq.

La chasse à auget résout cela par un principe purement mécanique : un godet monté sur pivot accumule l’effluent puis bascule d’un seul coup sous son propre poids. Le lâcher instantané met le réseau en charge, l’eau atteint le bout des drains, elle se répartit sur toute la surface, et au passage elle rince les canalisations. Aucune électricité, aucune pièce d’usure, aucun contrat d’entretien.

Le volume de bâchée se calcule. La règle est simple : il ne doit pas excéder un huitième de la consommation journalière du foyer. Pour un logement de cinq pièces principales, cela conduit à une bâchée de l’ordre de 80 à 90 litres. Une bâchée trop faible ne met pas le réseau en charge et ne sert à rien ; une bâchée trop forte noie le massif d’un coup au lieu de l’irriguer.

Elle s’impose techniquement sur les filtres à sable, sur les épandages de grande longueur, sur les tertres et sur les terrains à faible pente, où l’écoulement continu s’arrête en tête de réseau. Sur les grandes filières, un auget bidirectionnel alterne entre deux zones du massif, ce qui les fait travailler à tour de rôle et allonge nettement leur durée de vie.

Étapes clés

À partir de la perméabilité mesurée : infiltration dans le sol entre 10 et 500 mm/h, rejet superficiel réservé aux sols imperméables en dessous de 10 mm/h. C’est le chiffre de l’étude qui tranche, pas la commodité du terrain.
Pour un rejet superficiel : accord écrit du propriétaire ou du gestionnaire de l’exutoire, et avis favorable du SPANC. Cette démarche se fait avant les travaux : un exutoire refusé après coup rend l’installation non conforme.
La chasse se place en aval du prétraitement et en amont de la répartition. Le volume de bâchée est calé à un huitième au maximum de la consommation journalière du foyer, soit de l’ordre de 80 à 90 litres pour cinq pièces principales.
L’horizontalité du dispositif est réglée au niveau, puis le basculement est essayé en eau claire. Un auget mal calé ne se vide pas complètement ou bascule en continu : dans les deux cas il ne remplit plus sa fonction.
Mêmes principes que pour un épandage : gravier 10/40 sans fines, drains en diamètre 100 minimum, fentes vers le bas, fond scarifié. Distances respectées — 3 m des limites et des plantations, 5 m des ouvrages fondés, 35 m de tout puits déclaré.
Nous réalisons deux jeux de tranchées équivalents, exploités alternativement par un jeu de vannes. Pendant qu’une moitié reçoit l’eau, l’autre se régénère et retrouve sa perméabilité. C’est ce qui fait durer une zone d’infiltration.
Sur un rejet superficiel : tête d’aqueduc grillagée vers un fossé ou un cours d’eau, boîte de branchement sur un réseau pluvial. La canalisation débouche au-dessus du niveau des plus hautes eaux, jamais en dessous.
Géotextile en coiffe, visite du SPANC avant remblaiement, puis remblayage sans compactage. Les regards et l’accès à la chasse restent au niveau du sol fini : elle devra être nettoyée deux fois par an.

Le point technique

Sans dispositif de répartition, l’effluent n’irrigue que les premiers mètres du filtre. Le reste ne travaille pas.

L’évacuation obéit à une hiérarchie stricte, et à un interdit.

Une eau traitée doit aller quelque part, et l’ordre n’est pas libre. L’infiltration dans le sol est prioritaire : c’est la solution de droit commun dès que la perméabilité le permet, entre 10 et 500 mm/h. Le rejet vers un fossé ou un cours d’eau n’intervient que si le sol ne peut pas recevoir l’eau — en dessous de 10 mm/h — et il suppose l’accord du propriétaire ou du gestionnaire de l’exutoire. Le puits d’infiltration vient en dernier recours, sous étude hydrogéologique et autorisation.

L’interdit, lui, est sans nuance : aucun rejet en puisard, en puits perdu, en puits désaffecté ni en cavité naturelle ou artificielle. Sur nos causses et nos plateaux, ce n’est pas une clause de style. Une doline ou une igue conduit l’eau directement à la nappe en quelques heures, sans le moindre filtre naturel, et ce qu’on y verse ressort à la source en aval — celle du voisin, parfois la sienne. Un puits d’infiltration réglementaire est un ouvrage conçu, étudié et autorisé. Ce n’est jamais un ancien puits qu’on remet en service.

Un geste de métier peu connu : nous réalisons les tranchées d’infiltration en double, exploitées en alternance. Pendant qu’une moitié travaille, l’autre se régénère et retrouve sa perméabilité. C’est le meilleur moyen connu de faire durer une zone d’infiltration, et cela ne coûte qu’un jeu de vannes et un peu de terrassement supplémentaire.

Nous intervenons à Gourdon et Salviac, en plein pays de cloups et d’igues, où la tentation d’utiliser une cavité naturelle comme exutoire reste réelle et où elle est formellement interdite — comme à Sarlat-la-Canéda et Cénac-et-Saint-Julien, où la proximité des cours d’eau impose de vérifier qui gère le fossé avant d’y rejeter quoi que ce soit.

Questions fréquentes

C’est la chasse à auget, et ce bruit est le signe qu’elle fonctionne. Elle accumule l’effluent prétraité puis bascule d’un seul coup, envoyant une « bâchée » dans le réseau de drains. Sans elle, l’eau s’écoulerait en filet continu et n’irriguerait que les premiers mètres du massif filtrant : celui-ci colmaterait d’un côté pendant que le reste ne travaillerait pas. Le lâcher instantané met le réseau en charge, répartit l’eau sur toute la surface et rince les drains à chaque cycle. Le tout sans électricité ni pièce d’usure.

Pas en tant que telle. Ce qui est exigé, c’est un résultat : la répartition homogène de l’effluent sur toute la surface du massif filtrant. La chasse à auget est le moyen le plus simple et le plus fiable d’y parvenir en gravitaire, et c’est pour cela qu’on la retrouve partout. Elle devient pratiquement indispensable sur un filtre à sable, sur un épandage de grande longueur, sur un tertre, et sur les terrains à faible pente où l’écoulement continu s’arrête en tête de réseau. Certains guides d’utilisation de dispositifs agréés la prescrivent expressément.

La règle est que le volume de chaque bâchée n’excède pas un huitième de la consommation journalière du foyer. Pour un logement de cinq pièces principales, cela conduit à une bâchée de l’ordre de 80 à 90 litres. Les modèles courants du marché se déclinent en 50 et 100 litres pour les installations domestiques, avec des versions bien plus grandes pour les filières collectives. Trop petite, la bâchée ne met pas le réseau en charge et ne sert à rien ; trop grande, elle noie le massif d’un coup au lieu de l’irriguer.

Un nettoyage au jet et une vérification du basculement tous les six mois. C’est tout, mais ce n’est pas facultatif. La panne numéro un est l’auget bloqué par des graisses, des lingettes ou des fibres — c’est-à-dire, presque toujours, la conséquence d’un préfiltre non entretenu en amont. Viennent ensuite la perte d’horizontalité par tassement du remblai, qui empêche l’auget de se vider complètement, et l’entartrage du pivot. Un auget qui bascule en continu au lieu de fonctionner par cycles signale soit un dimensionnement inadapté, soit des entrées d’eaux parasites dans le réseau.

Dans le sol en priorité. L’infiltration est la solution de droit commun dès que la perméabilité le permet, dans une plage qui va de 10 à 500 mm/h. Le rejet vers un fossé ou un cours d’eau n’est admis que si le sol ne peut pas recevoir l’eau — en dessous de 10 mm/h — et il suppose l’accord du propriétaire ou du gestionnaire de l’exutoire ainsi que l’avis du SPANC. Le puits d’infiltration ne vient qu’en dernier recours, sous étude hydrogéologique et autorisation. Cette hiérarchie n’est pas une préférence : c’est l’ordre imposé.

Non, c’est formellement interdit : puisard, puits perdu, puits désaffecté, cavité naturelle ou artificielle sont tous exclus. Sur nos causses et nos plateaux calcaires, l’interdiction prend un sens très concret. Une doline, un cloup, une igue conduisent l’eau à la nappe en quelques heures, sans aucun filtre naturel : ce qu’on y verse ressort à la source en aval. Un puits d’infiltration réglementaire, lui, est un ouvrage conçu, dimensionné sur une étude hydrogéologique et autorisé — ce n’est jamais un ancien puits qu’on remet en service parce qu’il était là.

Pour les faire durer. Une zone d’infiltration qui reçoit de l’eau en permanence développe progressivement un biofilm en surface et perd de sa perméabilité. En réalisant deux jeux de tranchées équivalents et en les exploitant alternativement par un jeu de vannes, on laisse à chaque moitié le temps de se ressécher et de se régénérer pendant que l’autre travaille. C’est un geste de métier peu répandu chez les particuliers, qui coûte un jeu de vannes et un peu de terrassement supplémentaire, et qui évite une reprise complète dix ans plus tard.

Un filtre qui colmate d’un côté, une eau traitée sans exutoire ? Nous regardons la répartition avant le reste.

Réalisations