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Univers Assainissement

Poste de relevage et refoulement

Quand la gravité ne suffit pas : dimensionner un poste qui ne brûle pas sa pompe et ne sent pas.

Maison en contrebas du collecteur, exutoire plus haut que la sortie de traitement, terrain plat sans dénivelée : le poste de relevage compense ce que la topographie refuse. C’est un ouvrage simple qui tombe en panne pour des raisons prévisibles — volume mal calculé, absence de ventilation, clapet sous-dimensionné.

0,7 m/s

Vitesse minimale d’autocurage dans la conduite de refoulement

diamètre 50

Diamètre minimal de la ventilation de la bâche du poste de relevage

NF EN 12050-1

Norme applicable aux postes recevant des effluents à matières fécales

Le volume utile résulte d’un équilibre, pas d’un choix de cuve.

Le volume utile est celui compris entre le niveau de démarrage et le niveau d’arrêt de la pompe. Il se trouve pris entre deux contraintes opposées. Trop petit, la pompe démarre sans arrêt : le moteur chauffe, le bobinage rend l’âme, et l’on remplace une pompe tous les deux ans sans comprendre pourquoi. Trop grand, l’effluent séjourne, il devient septique, il produit de l’hydrogène sulfuré — d’où les odeurs, et la corrosion des parties métalliques et du béton.

Deux repères encadrent le calcul. Le nombre de démarrages horaires : quinze au maximum pour une pompe de moins de 4 kW, ce qui couvre tous les postes domestiques ; douze entre 4 et 12 kW. Et le temps de séjour dans le réseau de refoulement, qui ne doit pas dépasser trois heures en moyenne journalière par temps sec. En assainissement non collectif, la règle de bâchée s’applique en outre : le volume envoyé à chaque cycle ne dépasse pas un huitième de la consommation journalière.

La conduite de refoulement se calcule sur une vitesse, pas sur un diamètre. Il faut au minimum 0,7 m/s pour que les matières restent en suspension : en dessous de ce seuil d’autocurage, elles se déposent et colmatent progressivement la conduite. Et au maximum 1,4 m/s, au-delà desquels les pertes de charge et les coups de bélier deviennent problématiques. La conséquence est contre-intuitive : quand la vitesse est trop faible, on réduit le diamètre, on ne l’augmente pas.

Étapes clés

Nous relevons les cotes réelles : sortie du logement, filière de traitement, exutoire. Le profil en long dit si le relevage est vraiment nécessaire, et sur quelle hauteur. Un poste évitable coûte cher à l’achat et davantage encore à l’exploitation.
En amont du traitement, le poste reçoit des eaux chargées et relève de la norme NF EN 12050-1. En aval, il ne reçoit que des eaux traitées et relève de la NF EN 12050-2. Ce choix commande le type de pompe et le passage libre : s’y tromper, c’est programmer les bouchages.
Le volume utile est calé pour ne pas dépasser quinze démarrages par heure sur une pompe domestique, sans laisser l’effluent séjourner plus de trois heures. En assainissement non collectif, la bâchée n’excède pas un huitième de la consommation journalière.
Hauteur géométrique à vaincre et longueur de refoulement donnent la hauteur manométrique totale. Le diamètre est ensuite choisi pour maintenir une vitesse comprise entre 0,7 et 1,4 m/s — en dessous, les matières se déposent et la conduite se colmate.
Fouille aux dimensions de la cuve, lit de pose réglé, pose et calage. En présence de nappe ou de terrain hydromorphe, la cuve est ancrée pour ne pas se soulever lorsqu’elle est vide, et le remblai latéral monte en parallèle du remplissage en eau.
Pose de la conduite au diamètre calculé, avec clapet anti-retour au moins égal à l’orifice de sortie de la pompe, et vanne d’isolement démontable en aval. Lorsque le refoulement débouche dans un réseau susceptible d’être en charge, une boucle anti-retour complète le dispositif.
Ventilation de la bâche en diamètre 50 minimum, alimentation électrique protégée et signée en fourreau, alarme de niveau haut visuelle et sonore reportée où elle sera entendue. Une alarme installée au fond du jardin ne sert à personne.
Essai de cycle complet, essai de l’alarme, vérification du clapet. La pompe est montée sur barres de guidage pour être extraite depuis la surface, et le tampon reste accessible et étanche aux eaux de ruissellement.

Le point technique

Un poste de relevage se dimensionne, il ne se choisit pas sur catalogue. Trop petit, la pompe meurt. Trop grand, l’effluent tourne.

Deux normes, et il ne faut pas se tromper.

La NF EN 12050-1 s’applique aux stations de relevage recevant des effluents contenant des matières fécales — donc placées en amont du traitement. La NF EN 12050-2 couvre les effluents qui en sont exempts : eaux grises seules, ou eaux déjà traitées en aval de la filière. Le choix conditionne le type de roue et le passage libre de la pompe. Un poste conforme à la partie 2 qui reçoit des eaux vannes se bouche : c’est une erreur d’installation, pas une fatalité.

Les équipements qui font la différence entre un poste qui dure et un poste qui appelle.

  • Clapet anti-retour sur le refoulement, de diamètre au moins égal à l’orifice de sortie de la pompe. Sans lui, la colonne d’eau redescend dans la bâche à chaque arrêt et la pompe repart aussitôt.
  • Vanne d’isolement en aval du clapet, démontable, pour déposer la pompe sans vidanger la conduite.
  • Ventilation de la bâche, en diamètre 50 minimum. Ce n’est pas une option : un poste non ventilé produit de l’hydrogène sulfuré, corrode ses propres équipements et fait sentir toute l’installation.
  • Alarme de niveau haut, visuelle et sonore. Indispensable dès que le poste est placé en aval d’un dispositif de traitement.
  • Pompe sur barres de guidage, extractible depuis la surface : personne ne doit descendre dans l’ouvrage pour la maintenance.
  • Aucun dilacérateur sur un poste d’assainissement non collectif : broyer les matières dégrade le fonctionnement du traitement en aval.

Un préalable souvent oublié : un poste dimensionné sur les seules eaux usées qui reçoit en plus des eaux de drainage ou de gouttière démarrera en permanence. La séparation stricte des réseaux est la condition du dimensionnement, pas un raffinement.

Nous posons des postes de relevage à Sarlat-la-Canéda et Cénac-et-Saint-Julien, où nombre de maisons de vallée se trouvent en contrebas du collecteur — comme à Gourdon et Salviac, où c’est plutôt le relief de plateau, entre combes et replats, qui interdit l’écoulement gravitaire jusqu’à l’exutoire.

Questions fréquentes

C’est une question de niveaux, pas de chance. Le profil en long entre la sortie de votre logement, la filière de traitement et l’exutoire décide de tout : si l’eau ne peut pas descendre par gravité sur tout le parcours en gardant une pente régulière, il faut la relever. Les trois cas classiques sont la maison en contrebas du collecteur public, l’exutoire situé plus haut que la sortie de traitement, et le terrain parfaitement plat sur une longue distance. Un principe reste : on cherche d’abord à poser la sortie des eaux traitées le plus haut possible, précisément pour éviter d’avoir à relever.

Dans la majorité des cas, parce que le volume utile est trop faible et qu’elle démarre trop souvent. Un moteur supporte mal les cycles rapprochés : il chauffe, et le bobinage finit par lâcher. La limite pratique est de quinze démarrages par heure pour une pompe domestique de moins de 4 kW. Deux autres causes reviennent : l’absence de clapet anti-retour ou un clapet sous-dimensionné, qui laisse la colonne d’eau redescendre dans la bâche après chaque arrêt et fait repartir la pompe aussitôt ; et des eaux parasites — drainage, gouttières — raccordées par erreur sur le poste, qui multiplient les volumes à relever.

Parce qu’il n’est pas ventilé, ou pas assez. Un effluent qui séjourne devient septique et produit de l’hydrogène sulfuré : c’est l’odeur d’œuf pourri caractéristique. La ventilation de la bâche, en diamètre 50 au minimum, est ce qui l’évacue — et elle protège accessoirement les équipements, car ce gaz corrode le béton et les parties métalliques. La seconde cause est un volume utile trop grand, qui allonge le temps de séjour : au-delà de trois heures en moyenne journalière, l’effluent tourne. Certaines documentations présentent la ventilation comme facultative. Elle ne l’est pas.

Le poste cesse de relever et la bâche se remplit. C’est exactement le rôle de l’alarme de niveau haut : vous prévenir avant le débordement, pour que vous puissiez limiter les rejets le temps du rétablissement. L’autonomie disponible dépend entièrement du volume de la cuve et de votre consommation — elle ne se chiffre pas dans l’absolu. Deux précautions valent d’être prises quand un arrêt aurait des conséquences sérieuses, par exemple avec un sous-sol habité ou une activité professionnelle : une alarme reportée dans un endroit où elle sera réellement entendue, et un poste à deux pompes fonctionnant en alternance.

Ce n’est pas le diamètre qu’on choisit, c’est la vitesse. Il faut au minimum 0,7 m/s pour que les matières restent en suspension : en dessous de ce seuil d’autocurage, elles se déposent au fil des cycles et la conduite se colmate lentement, jusqu’à l’obstruction. Et au maximum 1,4 m/s, au-delà desquels les pertes de charge grimpent et les coups de bélier abiment les raccords. La conséquence surprend souvent : lorsque la vitesse calculée est insuffisante, il faut réduire le diamètre de la conduite, jamais l’augmenter.

Non. Il compense une dénivelée manquante sur un tronçon, mais les pentes réglementaires restent exigibles en amont et en aval du poste. Une canalisation gravitaire posée à plat parce qu’« il y a une pompe après » s’ensablera exactement comme n’importe quelle autre. Le poste est un point du parcours, pas une dispense générale. Il faut aussi se souvenir qu’il ajoute un équipement électromécanique à une installation qui n’en avait pas : une consommation, une alarme à surveiller, une pièce d’usure. On ne l’installe que lorsque la topographie l’impose réellement.

Oui, et c’est simple si l’ouvrage a été conçu pour. Le panier de dégrillage se nettoie régulièrement, la pompe se vérifie, l’alarme se teste. La condition pour que cet entretien se fasse réellement, c’est l’accessibilité : tampon étanche aux eaux de ruissellement mais ouvrable, et surtout pompe montée sur barres de guidage, extractible depuis la surface. Personne ne doit avoir à descendre dans l’ouvrage — c’est une question de sécurité autant que de commodité. Un poste dont la pompe ne s’extrait pas est un poste qui ne sera jamais entretenu.

Une maison en contrebas, un exutoire trop haut ? Nous calculons avant de choisir la pompe.

Réalisations