Prétraiter avant de traiter : volume, implantation, ventilation et préfiltre d’une fosse toutes eaux posée dans les règles.
3 m³
35 m
2 %
Une fosse toutes eaux n’épure pas. Elle prépare.
Contrairement à l’ancienne fosse septique, qui ne recevait que les eaux des toilettes, la fosse toutes eaux reçoit l’intégralité des eaux usées domestiques : eaux-vannes et eaux ménagères. À l’intérieur, les matières lourdes décantent au fond et forment les boues, les graisses remontent en surface, et un effluent clarifié part vers le dispositif de traitement. Le travail d’épuration proprement dit se fait après, dans le sol ou dans un massif filtrant.
Le volume se déduit du logement, pas du terrain. La règle est de 3 m³ au minimum jusqu’à cinq pièces principales, puis 1 m³ supplémentaire par pièce principale au-delà. Les pièces principales sont celles destinées au séjour ou au sommeil : c’est cette définition, et non le nombre d’occupants, qui commande le dimensionnement. Aménager des combles en chambre modifie donc la donne.
Le préfiltre est intégré à la fosse ou placé immédiatement à l’aval. Il retient les particules qui, sans lui, iraient colmater le traitement. Il se nettoie régulièrement : nous le posons toujours accessible, tampon au niveau du sol fini, parce qu’un préfiltre enterré sous vingt centimètres de gazon est un préfiltre qui ne sera jamais nettoyé.
L’implantation obéit à des distances précises : au moins 5 m de tout ouvrage fondé, 3 m des limites séparatives et des plantations, 35 m de tout puits ou captage déclaré pour la consommation humaine. Et au plus près possible de l’habitation — idéalement moins de dix mètres — pour que les eaux arrivent chaudes et que la conduite ne se colmate pas.
Le point technique
Deux gestes de pose décident de tout, et le client ne les voit jamais.
Le premier est le remplissage en eau simultané au remblayage. Une cuve vide que l’on remblaie subit une poussée latérale qu’elle n’est pas censée encaisser à sec : elle se déforme, parfois elle se fend, et en présence d’eau dans le sol elle remonte. Nous montons donc le niveau d’eau intérieur et le remblai latéral en parallèle, par passes, sur un lit de pose d’au moins 10 cm de sable ou de gravette. C’est simple, c’est écrit dans les règles de l’art, et c’est régulièrement omis.
Le second est la ventilation, en deux points et non en un. Une installation d’assainissement respire : il faut une entrée d’air, dans le prolongement de la chute en diamètre 100 minimum, et une sortie d’air équipée d’un extracteur, sortant au-dessus du faîtage — 40 cm plus haut, à un mètre au moins de tout ouvrant. Les deux points doivent être distants d’au moins un mètre, et le tracé rectiligne, sans contre-pente, avec des coudes qui ne dépassent pas 45°. Quand une installation sent, c’est presque toujours là que ça se joue : une seule ventilation, un extracteur trop bas, ou un tracé qui fait des créneaux.
Les pentes, enfin : 2 % au minimum entre l’habitation et la fosse, 0,5 % au minimum entre la fosse et la boîte de répartition. Régulières, sans contre-pente — deux centimètres de contre-pente suffisent à créer un point de stagnation.
Nous posons des fosses toutes eaux à Sarlat-la-Canéda et Cénac-et-Saint-Julien, où l’accès des engins en bâti ancien conditionne le choix de la cuve autant que son dimensionnement — comme à Gourdon et Salviac, où le rocher rencontré en fouille peut modifier la profondeur d’implantation, et donc rendre un relevage nécessaire là où la gravité suffisait sur le papier.