Grange, appentis, bâtiment agricole, dalle, ancien ouvrage : démolir proprement, trier, évacuer et rendre le terrain net.
2 mois
1 000 m²
7 flux
Ce qui se décide avant le premier coup de godet.
Le permis de démolir n’est pas exigé partout, contrairement à une idée répandue. Il l’est dans trois cas. D’abord lorsque le conseil municipal l’a institué sur tout ou partie du territoire communal — c’est le cas le plus fréquent, et il impose d’interroger la mairie systématiquement. Ensuite en secteur protégé : site patrimonial remarquable, abords d’un monument historique, site inscrit ou classé, cœur de parc national. Enfin dans le cadre d’une opération de restauration immobilière déclarée d’utilité publique. L’instruction prend deux mois, trois en secteur protégé, et l’autorisation vaut trois ans. Quand la démolition précède une construction, elle peut être intégrée au permis de construire : un seul dossier au lieu de deux.
Sur notre secteur, la question n’est pas théorique. Gourdon est en site patrimonial remarquable, Sarlat et Domme sont concernées à divers titres, et de nombreux bâtiments ruraux se trouvent aux abords d’un édifice protégé sans que leurs propriétaires le sachent. Un appel au service urbanisme lève l’ambiguïté en une minute, et démolir sans autorisation quand elle était exigible constitue une infraction pénale, avec obligation possible de reconstruction à l’identique.
Le diagnostic PEMD — produits, équipements, matériaux et déchets — s’impose au-delà de 1 000 m² de surface cumulée de plancher, ainsi que pour les bâtiments ayant accueilli des activités agricoles, industrielles ou commerciales avec utilisation de substances dangereuses. Il incombe au maître d’ouvrage, avant acceptation des devis. Il se transmet par formulaire dédié, et un formulaire de récolement suit dans les 90 jours suivant l’achèvement des travaux.
Le point technique
Les déchets d’une démolition ne partent pas « à la déchetterie ».
Le tri à la source s’impose sur sept flux : papier-carton, métal, plastique, verre, bois, fraction minérale — béton, briques, tuiles, céramiques, pierres — et plâtre, auxquels le textile s’est ajouté depuis 2025. Le tri de la fraction minérale et du plâtre est obligatoire depuis juillet 2021. Concrètement, cela veut dire des bennes séparées sur le chantier et un tri au fur et à mesure de l’avancement, pas un tri après coup — un mélange ne se sépare plus, il se met en décharge au tarif fort.
La hiérarchie à respecter est celle du réemploi d’abord, de la valorisation à défaut, de l’élimination en dernier recours. C’est aussi pour cela que nous pratiquons le curage et la dépose sélective avant la démolition mécanique : tuiles anciennes, pierres de taille, charpente, menuiseries, ferronnerie. En Périgord Noir et en Bouriane, ces matériaux ont une valeur réelle, et beaucoup de propriétaires souhaitent les conserver pour un autre ouvrage. Cela se prépare, cela prend du temps, et cela se dit au devis.
Une précision que peu d’entreprises apportent : la filière de reprise sans frais des déchets du bâtiment existe bien, et elle couvre les matériaux triés issus d’une démolition de bâti — minéraux d’un côté, métal, bois, plâtre, plastique et menuiseries vitrées de l’autre. En revanche, elle exclut les produits et matériaux des travaux publics ainsi que les terres excavées. Autrement dit : les gravats de votre grange peuvent en bénéficier, les déblais de votre terrassement non. Un devis qui laisse entendre le contraire se rattrape toujours à la facture.
Nous démolissons et évacuons à Gourdon, où le site patrimonial remarquable soumet les démolitions à autorisation et à l’avis de l’architecte des Bâtiments de France — comme à Salviac, Sarlat-la-Canéda et Cénac-et-Saint-Julien, où granges et séchoirs en pierre recèlent des matériaux que beaucoup de propriétaires souhaitent conserver.