La plage n'est pas un revêtement, c'est le couvercle d'un remblai
10 m²
1 %
R11
Quand une plage de piscine se fissure, se creuse ou se décale, la première réaction est de mettre en cause le revêtement. C’est presque toujours faux. Le revêtement ne fait que suivre ce qui se passe dessous, et ce qui se passe dessous, c’est le remblai périphérique du bassin.
Pour poser une piscine, on creuse une fouille plus large que le bassin, puis on remblaie l’espace entre la paroi et le terrain. Ce remblai est jeune : il n’a pas l’histoire géologique du sol en place. S’il a été repoussé à la pelle sans être mis en œuvre par couches ni serré, il tasse. Il tasse pendant des mois, parfois des années, et il emporte tout ce qu’on a posé dessus : margelles désaffleurées, dalles basculées, joints qui s’ouvrent.
C’est pour cette raison qu’un terrassier a sa place autour d’un bassin qu’il n’a pas installé. Le piscinier livre un ouvrage étanche ; l’anneau de terre qui l’entoure est un autre métier. Nous commençons donc toujours par regarder ce remblai avant de parler de finition, et nous le disons quand il faut le reprendre.
Le point technique
La deuxième erreur classique tient en un signe. Une plage doit s’écouler vers l’extérieur du bassin, jamais vers lui. Une pente de un pour cent suffit généralement. Dirigée vers l’eau, elle envoie dans le bassin tout ce qui traîne au sol : poussière, sable, herbe de tonte, produits de nettoyage. Dirigée vers le jardin, elle n’a besoin que d’un exutoire, et parfois d’un caniveau périphérique quand le terrain remonte d’un côté.
Trois familles de support tiennent dans la durée : la dalle béton, le lit de grave compactée, et les plots réglables. Aucune ne se pose sur un sol non compacté, et aucune ne se pose sur du sable seul. Le choix se fait selon le revêtement retenu, la nature du terrain et le budget — mais la couche de fondation compactée sous le support, elle, ne se négocie pas.
Les joints de dilatation appartiennent au même chapitre. Une surface minérale exposée plein sud sur un causse se dilate et se rétracte fortement au fil de l’année. Sans joint, elle fissure là où elle peut, c’est-à-dire au milieu.
Le classement antidérapant d’un revêtement se lit au regard de la norme DIN 51130, et un niveau R11 est couramment retenu autour d’un bassin privé. Les obligations formelles ne concernent que les bassins collectifs ; pour une piscine familiale, c’est un critère de bon sens plutôt qu’une contrainte, mais il mérite d’être posé avant de choisir sur échantillon.
Sur le territoire de la communauté de communes Sarlat-Périgord Noir, une piscine de plus de dix mètres carrés relève d’une déclaration préalable, et une couverture atteignant un mètre quatre-vingts de hauteur fait basculer vers le permis de construire. Point déterminant en Périgord Noir : en secteur soumis à l’architecte des Bâtiments de France, la déclaration préalable est requise quelle que soit la taille du bassin. Le délai d’instruction passe alors d’un à deux mois, et le dossier se dépose en trois exemplaires. Ces seuils valent pour cette intercommunalité ; le plan local d’urbanisme de votre commune peut être plus exigeant. Nous vérifions avant.
Sur les hauteurs de Cénac-et-Saint-Julien comme sur les terrains en pente de Salviac, un bassin implique presque toujours un travail de niveau autour : reprise de talus, muret bas, escalier de liaison. Nous prenons les abords dans leur ensemble plutôt que par morceaux, parce que l’eau qui descend du terrain haut finira toujours par arriver à la plage.
Nous reprenons des abords de bassin à Sarlat-la-Canéda et Cénac-et-Saint-Julien, où les gîtes et chambres d’hôtes équipés d’une piscine sont nombreux et où la plage encaisse une fréquentation concentrée sur trois mois, comme à Gourdon et Salviac, où les terrains en pente imposent presque toujours un travail de niveau autour du bassin.